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 LA GECO, MOTO HOMOCINÉTIQUE D’ ERIC OFFENSTADT DEVRAIT ROULER DANS 3 MOIS !

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textorm
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ma moto : Kawasaki 750 zéphyr de 1991




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MessageSujet: LA GECO, MOTO HOMOCINÉTIQUE D’ ERIC OFFENSTADT DEVRAIT ROULER DANS 3 MOIS !   Sam 11 Mai - 20:43


Eric OFFENSTADT à ASSEN en 1973

Eric OFFENSTADT débute la compétition moto un peu par hasard et avec le temps, on peut dire que le hasard fait bien les choses. De la moto à la voiture, le passage est rapide puisque c’est en 1963 que sur une LOLA il fait des débuts un peu difficiles. Qu’importe le talent est bien là et deux ans plus tard il rivalise avec Jackie STEWART pour le titre de meilleur pilote européen. La compétition automobile comble Eric quand il est intégré en Formule 2 à l’Ecurie LOTUS en 1966, tout autant qu’elle l’accable lors de son passage chez PYGMEE en1969.
La rencontre avec Xaxier MAUGENDRE le regretté et très clairvoyant importateur KAWASAKI au titre de la SIDEM, décide de sa réorientation vers la moto et ce avec un certain bonheur et de très belles performances remarquées au cours de la saison 70. Pourtant dès la saison suivante, Eric OFFENSTADT, avec la SMAC met au point une nouvelle moto avec un cadre monocoque et s’aligne en Grands Prix, terminant même le championnat en sixième place !


Départ Hockenheim 73

Innovations et galères vont assez souvent de pair durant quelques saisons et, à partir de 1976 Eric devient exclusivement constructeur de la Moto française H.O. (pour HOUZE –OFFENSTADT), avant que BUT ne rachète l’affaire, permettant ainsi à des pilotes français comme Hervé GUILLEUX ou Jean-Claude HOGREL de courir en Grands Prix.
Patron d’un restaurant pendant un temps, Eric s’est ensuite retiré dans la région de SETE où ses idées de concepteur, qu’il n’a jamais cessé de cogiter, ont été réactivées par une rencontre.
Il faut dire que « Pépé » en a brassé des idées dans sa tête et tout le monde reconnait que durant toutes ces années de pratique, de recherche, de dessins, d’essais… Eric a toujours tourné autour des questions fondamentales de l’adhérence et de la motricité, sans pour autant imposer vraiment ses vues.


La TECMAS un Proto conçu en 2000 par Eric OFFENSTADT

C’est sans doute cette étiquette de pionnier qui colle encore à la peau de ce jeune homme de plus de 70 ans, quand son ancien fidèle mécanicien « GARI » lui propose une rencontre avec les frères GOMEZ spécialistes de la préparation d’automobiles de compétition à PEZENAS.
Pour parler de cette rencontre et de toute la belle aventure qui va en découler, il m’est assez facile de solliciter Eric OFFENSTADT avec lequel j’ai partagé durant quelques années le même dortoir d’internat au lycée Pothier d’Orléans. La fidélité en amitié peut aussi aider le journaliste !
Alors, Eric cette rencontre avec les GOMEZ ?
« En fait c’était complètement fortuit. Jean-Marc GOMEZ, le père, passionné de moto est assez connu dans la région de PEZENAS pour un très bel atelier de restauration de motos anciennes. Il connait tous les gens des milieux moto depuis très longtemps. Il est installé à 40 kilomètres an Nord de MONTPELLIER. C’est là le berceau de la famille GOMEZ où ils avaient construit installé et rentabilisé un circuit de karting. Toute la famille est bercée dans la compétition jusqu’à la maman qui préparait les cylindres en allant gratter avec un renvoi d’angle dans les transferts.



GARI le fidèle mécanicien à g et Eric OFFENSTADT

Mon ancien mécanicien « GARI », un jour d’octobre 2010, me dit, tiens est ce que tu connais Go-Go, c’est Jean-Marc GOMEZ qui t’as connu dans le temps où tu courais et il voudrait que tu viennes voir l’atelier de voitures de course de ses fils. »

Le temps de caler les choses la visite intervient fin décembre. C’est l’occasion pour Eric de découvrir la formule Silhouette construite par les frères GOMEZ. Tous ces passionnés regroupés discutent technique et en fin d’après –midi, Jean-Marc GOMEZ demande à ERIC s’il a abandonné les questions moto.

Ecoutons ce que fut en gros la réponse d’Eric :

« Non pas du tout, ma seule intention dans la moto a toujours été d’apprendre et, après WHITE POWER, APRILIA ou encore TECMAS, j’ai continué à travailler et finalement, j’ai fini par faire la synthèse de tout ce que j’avais essayé au cours de ma vie et aujourd’hui j’ai une théorie globale. Pour le dire de manière populaire, j’ai mis 35 ans à comprendre comment fonctionnait une moto. »
Aujourd’hui, ces idées sont en marche car l’un des frères- Olivier GOMEZ- ingénieur et responsable technique de GC Automobile ayant été sensible aux théories développées par Eric, rappelle ce dernier début janvier 2011, pour lui faire part de son intention de lancer un programme baptisé GECO, afin de donner naissance à la moto homocinétique selon un concept que nous demandons à Eric de détailler.
« Oui je crois que l’on peut construire une moto homocinétique qui ait les mêmes avantages qu’ont les voitures, c’est-à-dire des transmissions qui n’accélèrent plus sur chaque bosse et qui disposent d’une suspension qui change de flexibilité suivant ce que l’on fait avec. Mon concept en fait, c’est d’avoir normalisé les motos pour respecter les lois de la physique et simplement rattraper trente ans de retard sur les voitures. »
Lancé de manière passionnée, Eric poursuit :
« Sur un véhicule de compétition conçu rationnellement comme une F1, on sait que la condition indispensable au GRIP MÉCANIQUE est que la zone de contact du pneu au sol reste en permanence (sur les ondulations de la piste) à une distance constante du centre de gravité , aussi bien latéralement que longitudinalement : par sa transmission à cardans homocinétiques qui supprime les accélération de roues parasites (CONSTANT VELOCITY en anglais) et il existe des logiciels spécifiques pour effectuer ces calculs.




Modélisation selle-réservoir GECO R1

En moto le GRIP MÉCANIQUE ne peut être que longitudinal et dépend donc à 100% de la suppression des micros-accélérations de roues parasites induites par la transmission à chaîne qui provoquent l’usure des pneus, le manque de motricité et la « perte de l’avant » des motos. Ce facteur n’a jamais été pris en compte en moto car il s’agit de hautes vitesses invisibles sur les acquisitions de données actuelles et ne peut être découvert empiriquement. »

Eric OFFENSTADT dénonce alors cet empirisme qui prévaut dans le développement des motos de compétition, notamment à propos des bras de suspension que l’on allonge pour améliorer l’homocinétie, sans savoir exactement pourquoi on fait cela.
Pour lui, il convient d’abandonner cette pratique au profit de calculs. Ces calculs ont été réalisés et validés par 6 groupes d’étudiants à l’Université de Montpellier.
Des simulations ont permis de déterminer l’endroit d’où il fallait que parte le bras supérieur de chaîne, pour que l’accélération parasite soit nulle. Tous ces calculs ont permis d’atteindre l’homocinétie et c’est une histoire d’angle et de longueur de chaîne qui seront déterminés par le pignon de sortie de boîte. Il en va de même pour l’avant, mais comme aucun logiciel n’est en capacité de travailler en spécification fonctionnelle, il faut inventer une méthode de calcul adéquate.
A partir de cette conception pragmatique Eric nous précise la poursuite du travail :
« Pendant deux ans Olivier GOMEZ et moi, avons fait de la conception. Je concevais les systèmes sur la planche à dessin et je lui amenais mes dessins à PEZENAS et on travaillait ensemble pendant des journées sur l’ordinateur en trois D. »


Jérôme à g l’ingénieur et Sylvain soudeur

Et actuellement, vous en êtes où ?
« Nous avons dressé les plans avec l’aide Jérôme HAZART, un ingénieur qui travaille avec moi. Ces plans sont entrain de partir chez les usineurs. Par exemple pour la cellule technique située derrière le moteur où se regroupent tous les systèmes : amortisseurs, freinage arrière, les fixations moteurs, celles du bras oscillant, nous avons conçu de grosses pièces taillées dans la masse et TITAN INNOVATION Process va débuter cette fabrication très prochainement. On a vu aussi que pour faire percer un trou de 40 mm dans un bloc de métal, on a galéré près d’un mois c’est dire l’endormissement de la France ! Et pour ce trou de 40 mm on avait des prix allant de 170 à 1300 euros ! »



On part du moteur YAMAHA R1 et on construit autour
Alors à quand la mise sur roues ?
« On va continuer à bosser et faire toutes les pièces en mécano-soudure ici chez GOMEZ et ce sera Bruno VECCHIONI, pilote multi champion de France entre 1976 et 2000 qui assurera le déverminage. Ce n’est pas lui que va faire des temps avec. Mais ensuite on pourra bénéficier des pilotes de Christophe GUYOT du GMT 94, puis nous pourrons avoir aussi les pilotes de développement MICHELIN. Michelin furent, il faut le noter, les premiers intéressés par le proto. »
Vous avez cherché par souscription à soutenir votre projet, vous en êtes où financièrement ?
« On arrive à 30 000 euros. Tout le monde te dira c’est même pas un budget, normalement avec 30 000€ on ne devrait pas commencer à travailler. Nous va le faire avec ça, parce que TITAN nous offre les gros usinages, parce que c’est le lycée de BEZIERS qui nous modélise le réservoir. On a aussi beaucoup de pièces d’usinage qui sortiront des lycées techniques. Objectivement parlant, nous n’avons aucune chance de réussir. Seulement, nous ne sommes pas des experts qui savent que c’est impossible, alors on le fait quand même. »


Olivier GOMEZ

Après cet entretien téléphonique, j’ai souhaité compléter l’information en prenant contact avec Olivier GOMEZ l’autre aventurier de ce proto GECO à venir. Il se trouvait sur le circuit de Dijon pour une course du championnat GT belge où la société GC Automobile est engagée avec une Silhouette. Un deuxième temps de qualif aidant, c’est fort heureux qu’Olivier nous apporte sa vision du projet.
Vous êtes ingénieur de formation, impliqué dans la construction et l’exploitation de voitures de compétition, pourquoi vous être embarqué dans cette aventure moto avec Eric ?
« Oh vous savez, c’est bien simple. Effectivement je travaille dans la voiture de compétition, mais j’ai conservé en moi les gènes deux roues de toute notre famille et, ainsi quand j’ai été amené à rencontrer Eric, tout a été simple, nous parlions d’emblée le même langage, nous ressentions les mêmes vibrations, nous avons pu dialoguer comme si nous nous connaissions depuis vingt ans. En un mot nous avons tout de suite découvert que nous partagions la même philosophie de la moto.


Un concept novateur

Avec mon frère Arnaud nous n’avons pas voulu laisser passer l’occasion de travailler sur ce nouveau concept de moto homocinétique et même si cela nous demandait des sacrifices financiers, la passion a pris le dessous et nous nous sommes lancés dans un travail de fond. »

Eric me disait que ça avançait bien…
« Oui, nous avons terminé la phase de conception au cours de laquelle j’ai souvent tenu à objectiver au maximum les options envisagées en remettant tout en question pour en débattre avec Eric, mais nous avons dépassé maintenant cette phase très enrichissante. En effet, nous avons toutes les matières premières et malgré une certaine carence d’usineurs, nous espérons bien réaliser notre moto dans 2 ou 3 mois. »


Olivier GOMEZ et ERIC OFFENSTADT en concertation permanente

Ainsi dans peu de temps donc, nous pourrons vérifier si la GECO est la digne héritière du lézard GECKO qui peut tenir collé au plafond par ses pattes à ventouses. Comme vous lecteurs, nous serons nombreux à vouloir savoir comment vont se dérouler les essais.
MICHELIN sera aux premières loges, les ingénieurs consultés n’ont-ils pas répondu de la manière la plus encourageante qui soit à ce projet, lorsqu’ils ont écrit après un véritable examen de passage serré, le message suivant :
« Merci pour cet échange technique passionnant. Votre projet est innovant… et le décalage de performance alléchant. Je vous confirme que nous sommes ouverts et prêts à vous accueillir dans nos séances d’essais lorsque votre prototype sera disponible. Pendant la phase de construction du proto, nous pourrons répondre ponctuellement à vos questions si vous le souhaitez. Merci de nous tenir informés de l’avancée de vos travaux. »
YAMAHA ne sera pas loin non plus. Christophe GUYOT nous confirmait tout le grand respect et l’engagement qu’Eric DE SEYNES, le PDG de YAMAHA France, avait pour Eric OFFENSTADT.


Eric OFFENSTADT avec Christophe GUYOT

Outre le don d’une moto pour utilisation du moteur, on a bien compris que le GMT 94 a donné à Eric tout ce qui pouvait lui servir pour développer son projet : ouverture en direction des partenaires techniques, trucs, conseils et échanges à propos du moteur de la R1 avec le chef mécanicien Michel GUERRE. Plus tard, les pilotes du team pourront être sollicités pour des essais comparatifs avec les machines classiques.
En tout cas, bien des années après notre jeunesse turbulente, j’ai retrouvé avec bonheur un grand Monsieur de la moto toujours avide d’apprendre et de découvrir. Pour clore notre entretien, Eric a tenu à citer Romain ROLLAND qui disait: il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté, ajoutant avec malice : « c’est sans doute pour cela qu’on la fait quand même : la GECO. »
Alain MONNOT
Photos fournies par Eric OFFENSTADT et GMT 94



La maquette définitive de la GECO R1

Notre ami Michel PICARD photographe attitré d’autonewsinfo ayant vu le sujet consacré à Eric OFFENSTADT a tenu à nous faire parvenir quelques clichés bien conservés d’une époque où Eric faisait déjà parler de lui, à moto !


Bol-dOr-1976-Eric-Offenstadt-au-départ-avec-Laurent-Gomis-sur-la-SMAC-Yamaha-400-Photo-Michel-Picard


Bol d’Or 1976 Eric Offenstadt au départ avec Laurent Gomis sur la SMAC Yamaha 400

Bol-dOr-1976-Eric-Offenstadt-et-sa-SMAC-Yamaha-400-avec-fourche-à-système-tubulaire-à-bras-tirés-Photo-Michel-Picard



Bol d’Or 1976 Eric Offenstadt et sa SMAC Yamaha 400 avec fourche à système tubulaire à bras tirés



Salon de la Bastille 1976 Proto SMAC TZ 350 de Eric Offenstadt




Salon de la Bastille 22 Janvier 1977 JP Beltoise et Eric Offenstadt devant le proto 500HO




Bol d’Or 1976 Eric Offenstadt au guidon de la SMAC 400R

Bol-dOr1976-Offenstadt-et-Gomis-au-départ-sur-la-SMAC-400RD-Photo-Michel-Picard



Bol d’Or1976 Offenstadt et Gomis au départ sur la SMAC

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07.01.2015


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MessageSujet: Re: LA GECO, MOTO HOMOCINÉTIQUE D’ ERIC OFFENSTADT DEVRAIT ROULER DANS 3 MOIS !   Sam 11 Mai - 20:47

y'a plus qu attendre ses premiers tours de roues sur circuit

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